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Qu’est-ce qu’une émotion ?

vendredi 22 décembre 2017, par WEBMASTER

Le mot émotion vient du latin emovere : movere en mouvement précédé de e- hors de, vers l’extérieur, une émotion c’est donc ce qui nous met en mouvement, nous secoue et nous fait bouger. L’émotion est ainsi le mouvement de la vie en soi ; la vie c’est donc le mouvement (à bien avoir en mémoire lorsqu’il s’agit d’enfants !).

Une émotion est un état affectif bref et intense. C’est une réponse psychophysiologique, c’est-à-dire qu’elle fait appel tant à notre corps (sensations physiques) qu’à notre esprit (mémoire), à une stimulation sensorielle ou une modification de l’environnement. Cela peut-être une réaction à une stimulation extérieure perçue grâce à nos 5 sens : je vois quelque chose, j’entends un bruit, une voix, je sens une odeur, je goûte, je touche…. et provoquer une chaîne de réactions internes nous affectant, de façon « positive » ou « négative ».

Cette réaction d’adaptation de l’organisme à son environnement est propre à chaque individu. En effet, elle survient lors d’une situation importante pour la personne, et l’importance qui y est donnée par chacun peut être différente, tout comme la réponse émotionnelle qui en découle.

Elle nous aide à savoir si l’expérience que l’on vit est agréable ou désagréable, sécure ou dangereuse, pour s’orienter dans nos comportements et nos choix immédiats ; c’est donc une réaction naturelle et utile face à une situation inattendue (ex : la peur qui pousse à fuir le danger, la tristesse qui permet de vivre une séparation, la joie pour savourer chaque instant de la vie…). L’émotion a ainsi une double fonction biologique : réguler l’état interne de l’organisme et produire une réaction adaptée à la situation.

Chaque émotion joue un rôle essentiel dans notre vie et demande à être accueillie et écoutée, qu’elle soit agréable ou non, pour nous éclairer dans notre jugement et nous guider dans nos actions.

Les caractéristiques principales des émotions

Les émotions sont :

  • à la fois une sensation et une construction mentale (processus non-conscient)
  • brèves et passagères car elles apparaissent soudainement et disparaissent très vite ; elles durent en générale de quelques secondes à quelques minutes
  • d’intensité variable et peuvent survenir à tout moment et ce, plusieurs fois par jour
  • subjectives et une interprétation personnelle de la réalité (consciente ou intuitive), ce qui explique notamment pourquoi un même évènement peut déclencher des émotions différentes chez plusieurs personnes, ou chez un même individu selon le contexte
  • perceptibles, observables et universelles car, après une manifestation interne, elles génèrent une manifestation extérieure qui se voit à travers nos expressions et nos gestes (ex : expressions du visage, ton de la voix, augmentation de la fréquence cardiaque et du rythme respiratoire…)
  • une fonction de survie et de protection car elles entraînent une impulsion à agir et sont nécessaire à la vie et à la survie
  • un axe majeur de communication nous rendant plus facile les relations avec les autres

Les émotions sont donc un facteur déterminant du comportement de chacun et elles nous aident à faire des choix au quotidien.

L’émotion est différente d’un sentiment qui lui est une construction mentale déclenchée par les pensées, et qui peut être beaucoup plus durable. Un sentiment peut être le prolongement d’une émotion (ex : amitié, amour…), ou bien même d’une combinaison d’émotions refoulées et qui n’ont pas pu s’exprimer (par exemple l’angoisse par rapport à la peur, la déception par rapport à la tristesse, la culpabilité par rapport à la colère et la peur…). Comme il s’agit d’une élaboration psychique, un sentiment peut persister en dehors de toute stimulation extérieure et peut perdurer des années s’il est entretenu. Afin de l’éviter, les émotions sont à exprimer, les sentiments à décoder pour permettre à l’émotion sous-jacente de s’exprimer.

Les émotions de base et les émotions secondaires :

De nombreux modèles ont été théorisés et proposés : il a y les émotions de bases ou fondamentales à partir desquelles toutes les autres sont dérivées par déclinaison ou par mélange et qui représentent les émotions secondaires, selon l’approche la plus courante.

  • Selon le philosophe René Descartes dans Les Passions de l’âme (1649), qui a proposé l’une des premières formulations, il existe 6 émotions ou « passions primitives » : l’admiration, l’amour, la haine, le désir, la joie et la tristesse. Toutes les autres, au nombre de 34 « passions combinatoires », en seraient des variantes ou des mélanges qui en découlent.
  • Selon le psychologue Robert Plutchik, il existe 8 émotions se présentant en 4 couples opposés : joie/tristesse, peur/colère, surprise/anticipation et dégoût/confiance. Construite d’après ses travaux, la roue des émotions (1980) en propose une classification, en deux ou trois dimensions et peut se lire de différentes façons : la distance par rapport au centre permet de définir l’intensité de l’émotion (du plus intense au centre vers le moins intense à l’extérieur), certaines émotions combinées donnent naissance à d’autres émotions. Les émotions de base se caractérisent également par certains aspects : elles sont présentes chez d’autres espèces que l’Homme et apparaissent de manière spontanée, chacune active une zone spécifique du cerveau, elles se traduisent par des expressions faciales spécifiques et universelles (ex : sourire pour la joie, yeux écarquillés pour la surprise...) et elles sont un point clé de la communication non-verbale entre les hommes.

  • La plupart des auteurs des théories des émotions de base ou primaires en distinguent six :
    • la joie : émotion de satisfaction pleine et entière qui affecte la totalité de la conscience,
    • la tristesse  : émotion engendrée par une séparation, une perte, et qui accompagne le deuil,
    • la colère : émotion conséquente à une blessure (physique ou psychique), un manque ou une frustration,
    • la peur : émotion ressentie en présence d’un danger ou d’une menace réelle, à venir ou imaginaire afin de se protéger,
    • le dégoût : émotion de rejet, de l’ordre de l’instinct ou de la culture,
    • la surprise : émotion engendrée par un évènement inattendu ou une révélation soudaine.

De nombreuses recherches montrent que ces émotions primaires sont associées à des expressions faciales universellement exprimées et reconnues de la même manière à travers différentes cultures (et y compris chez tous les mammifères).

Il existe ainsi un très large panel d’émotions : « des centaines d’émotions avec leurs combinaisons, variantes et mutations. Leurs nuances sont en fait si nombreuses que nous n’avons pas assez de mots pour les désigner. » (Daniel Goleman - L’Intelligence émotionnelle, J’ai lu, 2003).

« L’intelligence émotionnelle » ou savoir exprimer ses émotions :

L’intelligence émotionnelle est définie comme une « Habileté à percevoir et à exprimer les émotions, à les intégrer pour faciliter la pensée, à comprendre et à raisonner avec les émotions, ainsi qu’à réguler les émotions chez soi et chez les autres. » (Mayer et Salovey, psychologues américains, 1997)

Savoir exprimer ses émotions est la capacité à les percevoir, à en prendre conscience, à les comprendre (notamment l’origine), à les formuler, à les respecter puis à les explorer et à les utiliser de manière appropriée dans notre relation aux autres pour qu’elles soient entendues. Cette attitude, qui permet de développer la conscience de ce qui se passe à l’intérieur de soi mais également des autres, est donc à encourager dès le plus jeune âge pour savoir adapter son comportement en conséquence.

En effet, le développement émotionnel permet de communiquer, de partager et d’agir avec autrui afin de réagir avec justesse et d’établir des relations sécurisées. Il permet de mieux comprendre l’autre, de progressivement se mettre à sa place (au moins partiellement), de saisir son point de vue et ce qu’il ressent : c’est l’empathie.

L’empathie est une construction complexe qui fait intervenir plusieurs « strates » successives :

  • L’empathie directe : l’empathie émotionnelle ou affective (compréhension des émotions de l’autre), l’empathie cognitive (comprendre son état mental) et l’empathie « mature » (adopter intentionnellement et prendre en compte son point de vue)
  • l’empathie réciproque : sens moral et de la justice, dimension de la réciprocité (reconnaissance de soi et acceptation de la liberté de l’autre de se mettre à sa propre place)
  • l’empathie intersubjective qui est la capacité de combiner les deux précédentes (l’empathie de chacun répond à l’empathie de l’autre) Il est toutefois essentiel de savoir prendre de la distance, pour réévaluer la situation et réguler son ressenti.

Le développement émotionnel se nourrit ainsi de toutes les expériences vécues, et ce dans tous les contextes de vie (en famille, chez l’assistant maternel ou familial, à la crèche, à l’école…). Il est favorisé par la sécurité affective de la relation entre l’adulte et l’enfant : affection, soutien, stabilité de la relation…

A noter : au Danemark, les cours d’empathie, permettant de développer la faculté intuitive de se mettre à la place d’autrui afin de percevoir ce qu’il ressent, sont obligatoires à l’école pour les enfants de 6 à 16 ans à raison d’1h par semaine depuis une loi datant de 1993. Pendant ces cours, les plus petits font des activités ensemble (ex : faire un gâteau et le partager avec la classe). Les enfants communiquent, s’écoutent, se soutiennent, ils essayent de trouver une solution ensemble quand un camarade a un problème. Ils apprennent également à mettre des mots sur ce qu’ils ressentent, à s’écouter aussi eux-mêmes.

Les compétences psychosociales

« Les compétences psychosociales sont la capacité d’une personne à répondre avec efficacité aux exigences et aux épreuves de la vie quotidienne. C’est l’aptitude d’une personne à maintenir un état de bien-être mental, en adoptant un comportement approprié et positif à l’occasion des relations entretenues avec les autres, sa propre culture et son environnement. » « Pour faire face à ces émotions, il faut savoir reconnaître les siennes et celles des autres. Il faut être conscient de leur influence sur les comportements et savoir quelles réactions adopter. Les émotions intenses comme la colère ou la tristesse peuvent avoir des effets négatifs sur notre santé si nous ne réagissons pas de façon appropriée. » Définition de l’OMS - Division de la santé mentale et de la prévention des toxicomanies – 1993

Il existe dix compétences, présentées par couples :

  • Savoir résoudre les problèmes / Savoir prendre les décisions,
  • Avoir une pensée créative / Avoir une pensée critique,
  • Savoir communiquer efficacement / Etre habile dans les relations interpersonnelles,
  • Avoir conscience de soi / Avoir de l’empathie pour les autres,
  • Savoir gérer son stress / Savoir gérer ses émotions.

Les compétences psychosociales ont ainsi un rôle important à jouer dans la promotion de la santé, à la fois pour favoriser le bien-être physique, mental et social, notamment quand des problèmes de santé sont liés à un comportement, et quand le comportement est lié à une incapacité à répondre efficacement au stress et aux pressions de la vie.

Le journaliste scientifique américain Daniel Goleman (auteur de L’Intelligence émotionnelle, 1995) précise les compétences qui permettent, selon lui, d’entretenir des relations harmonieuses et fructueuses avec les autres :

  • les compétences personnelles :
    • conscience de soi : capacité à comprendre ses émotions, à reconnaître leur influence et à les utiliser pour prendre ses décisions
    • maîtrise de soi : capacité à gérer ses émotions et à s’adapter à l’évolution de la situation
  • les compétences sociales :
    • conscience sociale : capacité à détecter et à comprendre les émotions de l’autre et à y réagir de manière adéquate
    • gestion des relations : aptitude à inspirer et à influencer les autres tout en favorisant leur développement et à gérer les conflits

L’intelligence émotionnelle est ainsi indispensable dans sa vie aussi bien personnelle que sociale ; chacun peut la cultiver, l’entraîner et la développer, et ce, tout au long de sa vie.

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